Respiro #4- #Metoo





Vaut mieux tard que jamais.
S’il faut se déprimer de l’état du monde, on peut tout de même se réjouir d’une avancée, celle d’une liberté d’expression, d’une peur qui recule chez certains et certaines. Chez moi assurément. #Metoo.


Sara, 7 ans, appelle ma mère tous les soirs. Elle se fait à manger seule. Hier, elle a été fouettée, et en fait, ça lui fait mal. Quelque chose s’est passé. Violée, battue et affamée. France 1994.
Moi qui ne comprend pas pourquoi cette enfant, vaguement une amie, appelle ma mère tous les soirs qui me laisse seule une partie de la soirée. Ma mère revenant en pleurs, déterminée à agir, ce qu’elle fera pour le bien de l’enfant.

CM1, une ambiance étrange dans la classe, ce cadeau de fin d’année, un string éléphant pour un professeur très étrange. Je refuse de participer au cadeau, c’est en réalité l’ami de mon professeur, celui que j’appelle « l’obsédé » depuis notre voyage scolaire et cette manière, avide, qu’il a de nous regarder en sortant de l’école depuis le banc d’en face, qui me fait le plus peur. Mon professeur inculpé de pédophilie partira en taule pour un bon bout de temps.

La première fois que j’ai fait l’amour c’était au fin fond de Mérignac, un 30 avril. Le 1er mai, je dois rentrer à pied jusqu’à la Cité du Grand-Parc. Pas un bus n’est en marche. Arrivée à la barrière d’Arès je suis épuisée, et je fais du stop. Un gros 4X4 s’arrête. J’ai les cheveux en pétard, je me demande si je ne sentirais pas trop fort « le sexe ». Cet homme met sa main sur ma cuisse et me dit de rester calme. Ma voix qui aurait facilement scié en deux une centrale nucléaire lui répond calmement « mon père m’attend et je crois que vous et moi savons la violence que peuvent avoir des mafieux hongkongais ». Il me relâchera à peine un kilomètre plus loin. Saine et sauve, j’ai tremblé en marchant. Pour une fois, papa que je n’aime pas, tu m’auras bien aidée.

Cet anglais se rêvant géographe, décrivant nos ébats à la seconde près et son ami postant sur facebook une référence à ma vulve, énorme, qui le dévorerait, une vulve sino espagnole (tiens ça existe la nationalité des vulves ?) Comme une méconnaissance des échelles je dirais.

Agente de billetterie dans un Musée parisien, le nouveau directeur me dit qu’il « pourrait être mon père » et donc se propose d’être mon garant. Combien de dîners pour qu’enfin il me dise que « j’exerce un pouvoir de séduction sur lui » et que je peux le suivre pour la nuit. Bien évidemment, il m’a trouvé un autre poste, celui de secrétaire, il lui faut « quelqu’un d’intuitif pour acheter des billets de train ». Travailler dans son bureau donc j’entends, les jambes ouvertes. Je démissionnerai le lendemain et rentrerai dans la foulée à Bordeaux quelque peu écœurée.

Tout ça n’est rien compte-tenu de ce que j’entends tous les jours, des confidences qu’on me fait, des messages que je reçois suite à toutes ces publications sur mon blog.
#Metoo vient à peine de commencer et ce n’est pas le moment de fermer sa gueule.
Continuons, continuons.







Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Vos commentaires