Fallait pas

Embarqués au bout du monde,
Embarqués pour toujours,
La dernière veine
Et le grand froid
Pourquoi se plaindre
Déjà
De ce qui commence à peine,
Ces années là sont vaines
Fallait pas se battre
Fallait pas sacrifier
Fallait pas se syndiquer
Fallait penser aux vacances d’été
A comment on aurait pu payer
Un camping en bord de mer
Une semaine d’essence
Les chocolatines du camping à 1euro50
Et ces baguettes si bien décongelées 1euro10
Fallait pas refuser toutes ces opportunités
Pour des convictions obsolètes
Fallait pas défiler toutes ces après-midis
Fallait pas qu’on te voie
Qu’on t’associe
Travailleuse okay, mais pas insurgée
Pas insoumise, pas encartée, pas syndiquée
Travailleuse okay, mais pragmatique
Réaliste et bien rangée
Travailleuse okay, mais pas célibataire
Entourée d’une nombreuse famille
Travailleuse dans les clous, la normalité
Fallait pas se mettre à boycotter
Fallait pas s’arrêter de travailler.

Toi aussi tu te perches à l’extrême- Ouest
Et tu regardes la ville
Peut-être recherches-tu celle que tu as aimée,
Dans cette petite ruelle argentée
Peut-être, toi aussi, tu repenses à celui que tu es,
Quand, fondu dans la foule, tu regardes en haut
Te demandant quelles sont ces personnes qui vivent si éloignées ?
Tu as gardé le blanc et le noir sur ta peau
Tu n’avais pas à choisir
Tu es ce noir et ce blanc sur ta peau
Mais quand tu penches la tête, je ne vois que le blanc,
Tes oreilles, sans doute, plus blanches que le reste.
Combien de portes ouvertes pour ces belles oreilles ?
Et de l’autre côté, noir, tu es souvent rebuté
Quand il t’aurait fallu garder cette tête du bon côté.
Qu’as-tu à ne pas savoir choisir, à ne pas vouloir choisir,
A contraindre cette vue d’un noir et blanc mélangés ?
Toi aussi, vis-tu comme moi, métissé, transfugé
L’un et l’autre à jamais liés ?
Nos deux solitudes pour paysage,
Mon cher, très cher chat sur l’Esplanade.

Toi aussi tu te perches à l’extrême- Ouest
Et tu regardes la ville
Peut-être recherches-tu celle que tu as aimée,
Dans cette petite ruelle argentée
Peut-être, toi aussi, tu repenses à celui que tu es,
Quand, fondu dans la foule, tu regardes en haut
Te demandant quelles sont ces personnes qui vivent si éloignées ?
Tu as gardé le blanc et le noir sur ta peau
Tu n’avais pas à choisir
Tu es ce noir et ce blanc sur ta peau
Mais quand tu penches la tête, je ne vois que le blanc,
Tes oreilles, sans doute, plus blanches que le reste.
Combien de portes ouvertes pour ces belles oreilles ?
Et de l’autre côté, noir, tu es souvent rebuté
Quand il t’aurait fallu garder cette tête du bon côté.
Qu’as-tu à ne pas savoir choisir, à ne pas vouloir choisir,
A contraindre cette vue d’un noir et blanc mélangés ?
Toi aussi, vis-tu comme moi, métissé, transfugé
L’un et l’autre à jamais liés ?
Nos deux solitudes pour paysage,
Mon cher, très cher chat sur l’Esplanade.

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