Le tico-tico de mes 21 ans

Le tico-tico dont je me souviens me prend par surprise à l’orée de mes vingt-et-un ans. Voilà un an que je ne quitte pas le corps d’un certain Pierre. Aucune notion de temps ne pourrait m’extraire à cet entre-être que nous sommes devenus au point que je n’irai plus en cours. Deuxième année de Sciences Po Grenoble qui, au final, ressemblera davantage à quatre murs parcourus de long en large, quelques footings endiablés sous une averse terrifiante et la sueur qui coulera jusqu’à mes orteils auxquels d’autres fluides se mêleront aussi. Les saisons viendront nous titiller, un soleil triomphant d’un mois de mai, les figues précoces de la voisine nous ferons songer à quitter la chambre quelques minutes.

Nous l’aimions sur nous le soleil, brûlant nos corps à la diagonale, tandis que collés l’un à l’autre, nous repartions en apnée des heures durant.

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