Tu ne sais pas si tu aimes la couleur
Tu ne sais pas si tu la penses
Si tu la perçois
Si tu aimes mon corps
Si tu le perçois
Si mes seins se posent sur tes mains
Que tu refermes
Si ma bouche se déploie
Quand tu t’allonges
Et si je murmure l’inaudible
Toi
Tu m’écoutes enfin.
C’est un corps galant
Sur une herbe drue
Turpitudes qui s’installent.
L’idée fixe qui accapare
L’œil qui capture
Et une sécheresse maladive.
Un corps charmeur
Sur ma peau douce
Trempé de raideurs
Et d’égoïsme
L’inextricable distance
D’une main qui oublie.
Je t’ai donné mille ans d’histoire
Tu as voulu ma mort,
Tu mourras deux fois.
Je connais l’air que je respire,
La même lumière, tamisée, et cette veilleuse rouge.
Les plaintes de ma voisine,
Un corps qui se retourne à
Deux heures huit du matin contre un matelas dur.
Pas un oiseau pour siffler une mélodie
Un sol qui tremble quand les camions du MIN déchargent
Et qui se détend quand le ...
Tu es la chaleur qui me retient de plonger,
Me retient de dormir
La douloureuse piqure qui me déconcentre
Une amnésie parfaite aux six coins tranchants
Pour qui j’oublie ma trajectoire
Et le sens de ma marche.
Terrible briseur de sommeil
Tu refuses ma tranquillité
Et me donnes en échange
Des joyaux d’angoisse.
T’aimer jusqu’au bout des ongles
Aimer ta blessure et ta difformité
Ton asymétrie, ton timbre inconstant
Tes circonlocutions
Aimer l’étroite ruelle
De laquelle j’entrevois l’horizon
Là où, toi et moi, nous partirons.